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80ème anniversaire de l’ouverture du camp de concentration de Drancy

 

Cité de la Muette - Mémorial du camp de concentration de Drancy

Nous n’oublions pas qu’il y a 80 ans, la Cité de La Muette, encore inachevée, était investie pour y interner les juifs arrêtés à Paris. Elle allait bientôt devenir l’antichambre de la mort pour plus de 80% des Juifs, hommes, femmes et enfants, raflés en France par la police de Vichy et les autorités d’occupation.

À l’occasion de ce 80ème anniversaire de l’ouverture du camp de concentration de Drancy, l’AFMA Association Fonds Mémoire d'Auschwitz organise, dans le respect des gestes barrières, un dépôt de gerbes avec prises de parole,

Le 20 août 2021 à 17 heures devant le monument de la Cité de La Muette,

116 avenue Jean Jaurès à Drancy

Vous êtes cordialement invités à vous joindre à nous.

À l’issue de la cérémonie, un pot de l’amitié sera servi dans le local de l’AFMA, 4 rue Arthur Fontaine, Cité de La Muette.
Nous vous attendons le 20 août.
Merci de répondre à l’adresse suivante: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Le Bureau de l’AFMA

31Juillet 1944 : le Convoi 77

Le 31 juillet 1944, le convoi 77 , le « dernier » quittait Drancy, par la gare de Bobigny pour Auschwitz avec 1300 déportés à son bord:

726 déportés furent gazés à l’arrivée à Auschwitz,
291 déportés ont été sélectionnés pour le camp des Hommes,
283 déportées ont été sélectionnées pour le camp des hommes.
En 1945, 68 hommes 141 femmes ont survécu.

Notre très cher Claude BLOCH faisait partie de ce convoi.
« Le 31 juillet il est embarqué, lui, sa mère et environ 1 millier d’adultes et 300 enfants en bas âge dans des autobus parisiens, direction la gare de Bobigny. Là, ils sont entassés, à 80 par wagon, dans ces wagons à bestiaux, marqués à l’extérieur de l’inscription « hommes 40, chevaux 8 » sans nourriture, seulement avec leurs valises. Claude est dans un wagon sans enfant (de moins de quinze ans).
Le 3 août, le train stoppe et ils entendent des hurlements et des aboiements de chien, les portes finissent par s’ouvrir et ils voient des hommes bizarrement habillés de tenues rayées bleu et gris qui leur disent de laisser leurs valises dans les wagons et de descendre, les hommes d’un côté (à gauche), les femmes et les enfants, eux, de l’autre (à droite). Pour les détenus, dans le bruit et la fureur, gauche et droite (la leur ou celle des hommes en costume rayé… ce n’était pas clair et cela provoquait des hurlements).
Claude BLOCH se place sur la droite avec sa mère, ne savant pas ce qui peut lui arriver, mais celle¬-ci le pousse du côté des hommes. Il la perd de vue et ne la revit plus jamais, et il nous dit «Ce jour-là, elle m’a sauvé la vie» (*).
Claude venait d’arriver à Birkenau, aussi appelé Auschwitz 2.

Le 11 Aout 1944

Un convoi part de Lyon avec 430 déportés,

Le 17 Aout 1944

Le dernier convoi parti de Drancy, est parti le 17 août 1944 (alors que l'insurrection de Paris commence le 19 août). C'est le SS Aloïs Brunner qui s'acharne à déporter les derniers Juifs. Il part d'ailleurs lui même avec ce convoi Il obtient pour sa retraite 3 wagons de batterie DCA en les échangeant contre des porcs.
Brunner transporte avec lui 51 Juifs, surtout des résistants juifs comme Marc Bloch-Dassault. Le train stoppe fréquemment à cause des bombardements et destructions de voies. Dans la nuit du 20 au 21 août, une évasion se produit près de Saint-Quentin (Aisne) : une quinzaine de déportés s'évadent. Puis, par la Belgique, le convoi gagne Buchenwald.
A la fin de la guerre, il y aura 35 survivants sur les 51 déportés, dont 4 femmes.

(*) Claude comprit après coup le lien entre la manière dont elle le repoussa ce jour-là et le fait qu’elle lui ait dit de mette un pantalon long lors de l’arrestation.
Extrait de la biographie, préparée par Jeanne Gautier, élève du lycée français René Goscinny de Varsovie, enrichie sur la base du témoignage de Claude Bloch, le 13 décembre 2015, au Collège des 4 vents, à l’Abrésie ,en région lyonnaise (publié par YouTube).

Lettre de l'AFMA - N°108 Juillet 2021
Lettre de l'AFMA - N°108 Juillet 2021

SOMMAIRE

3 Le Mot de la Présidente
4-5 La Mémoire de la Shoah en Hongrie et en Pologne
6 Regards de la Muette
7 Exposition sur les homosexuels dans l'Europe nazie
8-9 La Course à l'échalote
10-11 L'Assemblée Générale ordinaire et extraordinaire
12 Sarah Halimi, victime de l'antisémitisme
13 Voyage du Saint Louis
14 Irena Sendlerowa
15 Voyage de Mémoire
16 Bulletin d’inscription - Voyage du 17 au 20 octobre 2021
Cotisation 2021

Rafle du Vel d'Hiv et déportation : commémoration à Fossoy (Aisne)

Vendredi 16 Juillet 2021, 11 heures

Devant la stelle commémorative, le long de la ligne de chemin de fer

Commémoration devant la stelle de Fossoy
Commémoration devant la stelle de Fossoy

Poursuivant une commémoration initiée il y a 31ans, la mairie de Fossoy nous invite à participer à la commémoration d'un évènement singulier, lié à la grande rafle du Vel d'Hiv.

Le cas du message lancé par Maurice Zélis depuis son wagon de déportation, recueilli et acheminé, au défi des périls, par les époux Carron à son petit frère Jacques, montre un exemple de patriotisme, de solidarité et de courage face à la barbarie criminelle des nazis et de leurs collaborateurs en France.

Assemblées Générales ordinaire et extraordinaire

Dimanche 20 Juin 2021

10h00 dans la salle du Mémorial de la Shoah

17 rue Geoffroy l'Asnier, 75004 Paris

Compte tenu des restrictions sanitaires ces Assemblées Générales se dérouleront en visioconférence. Seule la présence physique des membres du CA sera possible. Cette décision est prise au vu des règles sanitaires en vigueur à la date d'envoi par courrier de la convocation.

Ces conditions de déroulement exceptionnelles ne vous privent d'aucun droit fondamental (hors celui d'être physiquement présent).

Pour assister à la visioconférence, vous devez vous inscrire en nous envoyant un courriel à l'adresse Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., précisant en objet "inscription AGO/AGE 2021"

Lettre de l'AFMA - 107 Avril 2021
Lettre de l'AFMA - N°107 Avril 2021

SOMMAIRE

3 Le Mot de la Présidente
4-6 Les Nazis et le Sport
7-9 Complotisme et Antisémitisme
10-11 30ème Anniversaire du décès d'Henri Moraud
12 Rita Thalmann, la femme et le nazisme
13 Léo Frankel
14 Cérémonies du 27 Janvier
15-16 Voyages de Mémoire

Commémoration à la Gare de déportation de Bobigny

Samedi 24 Avril 2021

Dans le cadre des cérémonies républicaines de la Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation, après une cérémonie au cimetière communal, une commémoration se tiendra à la Gare de déportation de Bobigny

 9 h 30 Cérémonie au cimetière communal

10 h 00 Départ en car pour la Gare (Rendez-vous Place Rabin Arafat)

10 h 30 Cérémonie à l'ancienne Gare de déportation ( 69-151, avenue Henri Barbusse)

  • Allocutions
  • Allocution de l'AFMA
  • Intervention de la FNDIRP
  • Allocution du Maire de Bobigny
  • Lecture de textes par le conservatoire Jean Wiéner

11 h 00 Moment de recueillement

11 h 30 Fin des cérémonies locales

L'AFMA se joint à l'’appel du Réseau d’Actions contre l’Antisémitisme et tous les Racismes (RAAR) et vous invite à participer au rassemblement:

Lorsque les nazis entrent dans le ghetto de Varsovie le 19 Avril 1943, ils ne s’attendent pas a trouver 750 juifs et juives armé·es derrière des barricades, prêt·s à les combattre.
Enfermé·es et tassé·es entre des murs aveugles depuis novembre 1940, la population du Ghetto a déjà chuté de 450 000 à 70 000 personnes en moins de 3 ans, en raison des déportations quotidiennes vers le camp de mise à mort de Treblinka.
La date de l'attaque choisie par les nazis correspondait cyniquement avec le premier jour de Pessah (Pâques juive), célébration de la liberté par le souvenir de la sortie d’Égypte du peuple hébreu.
Les insurgé·es n’ont pas de doute sur ce qui les attend comme le montre l'écrit d'un combattant du ghetto : « Nous ne voulons pas sauver notre vie. Personne ne sortira vivant d'ici. Nous voulons sauver la dignité humaine ».
L'organisation juive de combat (OJC/ en polonais ZOB) - initiée par les mouvements de jeunesse présents dans le Ghetto dont les figures les plus connues étaient Mordehaï Anielewicz, Mira Fuchrer et Marek Edelman - planifie et organise l’insurrection du ghetto. Ce combat inclut également l'installation de caches et d'abris, la fabrication des armes, des barricades, le stock des provisions et la cuisine, le soin des blessé·es, et la communication. C’est tout le ghetto de Varsovie qui s’est soulevé et a soutenu les 750 combattant·es. Malgré les conditions dramatiques de leur lutte, les milliers de personnes acculées se sont dressées et organisées contre les nazis. Ces femmes et ces hommes se sont aussi battu·e·s pour que leur mémoire nous parvienne et nous inspire.
Leur rendre hommage est également un appel aux combats d'aujourd'hui face à la montée des droites extrêmes et des idées fascisantes, et plus particulièrement de l'antisémitisme. Comme l'écrivait Mordehaï Anilewicz dans son dernier message du 23 avril 1943 : « Grâce à notre radio, nous avons entendu une merveilleuse émission relatant notre lutte. Le fait que l'on parle de nous hors du ghetto nous donne du courage."

Voici 30 ans, le 9 février 1991 Henri Moraud nous quittait. Il était l’initiateur et l’un des fondateurs de l’AFMA

Henri Moraud
Henri Moraud

Extrait de Wikipedia: Henri Moraud :

Henri Moraud est né le 11 octobre 1922 À Paris, arrêté le 5 mai 1943 dans un petit village du Loiret où ses parents s'étaient réfugiés dès 1940, il est conduit dès son arrestation à la prison de Orléans où il restera 3 semaines avant son transfert à Beaune-la-Rolande puis à Drancy.

Henri Moraud est déporté le 23 juin 1943 par le convoi 55 avec ses parents.

Henri Moraud sera l’unique rescapé, de toute la famille MOSCHKOWITCH (mère, père, enfant, tante) arrêtée, déportée et exterminée pour la seule raison qu’elle était juive.

Arrivé à Birkenau Henri Moraud n'y reste que 24h et est transféré au camp de Jawischowitz situé à 10 kilomètres d’Auschwitz. Affecté (matricule n°126094) à la mine de charbon de Jawischowitz , Il y travaille pendant 19 mois, période durant laquelle il œuvre activement au sein de la résistance du camp.

Le 18 janvier 1945 il subit la marche de la mort avant d'arriver à Buchenwald.

Henri Moraud est libéré le 11 avril 1945.

Extrait de l’hommage rendu à Henri Moraud dans « APRES AUSCHWITZ » N°240 Mai 1991 par Raphael ERAIL, Henri KRASUCKI, Gérard GOBITZ :

Comment parler d’Henri Moraud ?

Si ce n’est que de reprendre les paroles de ses camarades, (Raphael Esrail Secrétaire Général de l’Amicale d’Auschwitz, Henri Kraszucki ancien de Jawischowitz, secrétaire général de la CGT, Gérard Gobitz Vice-Président de l’Association Fondation Mémoire d’Auschwitz) qui l’ont accompagné dans son combat et lui ont rendu un émouvant hommage suite à sa disparition.

Henri Moraud connaissait toutes les facettes de la déportation et les particularités de chaque camp, il considérait à juste titre qu’Auschwitz et ses annexes était, devait rester principalement le symbole de l'Holocauste des Juifs et Tziganes.

Avec le professeur Wellers, directeur du Centre de documentation juive contemporaine, lui-même ancien déporté, il est l’un des primo fondateurs de l’AFMA afin de pérenniser le nom d’Auschwitz et de perpétuer la mémoire des crimes nazis. Il milite dès son retour des camps au sein de l’Amicale d’Auschwitz dont il deviendra le secrétaire général. Il voulait créer une fondation qui poursuivrait l’action des déportés pour la transmission de la mémoire quand ceux-ci auront disparus.

Fidèle à sa vocation de rassembleur des anciens déportés, il s'est assigné dès le départ pour objectif de faire adhérer à l’AFMA tous les déportés, toutes les familles, tous les sympathisants, sans distinction d'opinion, chaque fois que cela a été possible, à travers les associations existantes. Sa force de persuasion, sa ténacité, son ouverture d'esprit, le sérieux de ses actions ont été déterminantes pour convaincre ses interlocuteurs.

Pour que le témoignage vaille, pour qu'il soit digne, chacun doit s'interdire de résoudre les problèmes d’aujourd'hui sur le dos de ce que fut la déportation.

  • C'est dans cet esprit qu’Henri Moraud a animé l'amicale de JAWISCHOWITZ
  • C’est dans cet esprit qu’Henri Moraud a animé l'amicale d'AUSCHWITZ
  • C'est dans cet esprit qu’Henri Moraud a présidé la rédaction de son livre JAWISCHOWITZ
  • C'est ainsi qu’Henri Moraud s'est consacré à l’AFMA

 Chez Henri Moraud l’envie, le particulier et l'essentiel se confondaient dans l'homme remarquable qu’il a été. Il a su rassembler autour de lui des hommes aux vues dissemblables, dans la sympathie et l'amitié ...

En toute circonstance, ses qualités humaines, de compréhension, d'approche de l'autre, de tolérance, de droiture morale et intellectuelle, forçaient l'adhésion. Parmi tant de qualités, l’une frappait constamment : sa modestie naturelle, et son effacement devant les autres qu’il aimait à mettre en valeur et puis, sa sagesse et son intelligence simplifiaient et clarifiaient les choses complexes. Il a su faire reculer les clivages idéologiques en défendant la neutralité politique et la laïcité, car il voulait avant tout favoriser l’unité des déportés survivants, déjà si peu nombreux.  Il a été l’initiateur de l'Association pour la Fondation Mémoire d'Auschwitz, son seul véritable artisan créateur.

Malheureusement depuis des années sa maladie de cœur l’amoindrissait physiquement sans pour cela ébranler sa volonté de travail incessant, persévérant et efficace. Pour Auschwitz sa grande Idée, s’harmonise parfaitement avec ses projets globaux. Il en a confié la charge à son épouse Jeannette qui deviendra Présidente de l’AFMA après la disparition quelques mois plus tard de Georges Wellers.

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Quelques exemplaires de son livre sur Jawischowitz sont encore disponibles à l’AFMA

Lettre de l'AFMA - 106 Décembre 2020
Lettre de l'AFMA - N°106 Décembre 2020
SOMMAIRE
3 Mot de la Présidente
4-5 Journée internationale du 27 janvier
6-7 Citations
8 Le dernier des justes
9 Babi Yar
10-11 “Les Étoiles Vagabondes”
12-13 “Brider un shvester yidn fun ganser velt”
14 Albert Einstein
Appel au don
15 Voyage de Mémoire
16 
Bulletin d’inscription - Voyage du 17 au 20 Octobre 2021
Cotisation 2021

Lettre de l'AFMA - 105 Septembre 2020
Lettre de l'AFMA - N°105 Septembre 2020
SOMMAIRE
3 Mot de la Présidente
4-5 La Mémoire déverrouillée
6 La Rafle des notable
7 "Les expulsés du pays de Bade"
8-9 "Vous n'aurez pas les enfants !"
10-13 Assemblée Générale de l'AFMA
14-15 Gare de déportation de Bobigny
16 Cotisation de 2020 et 2021

Odieux saccage antisémite (Paris 19ème)

Vendredi 2 octobre à Paris, des individus ont saccagé un restaurant casher, rue Manin dans le 19ème arrondissement de Paris, le couvrant de sigles et de propos nazis, volant 50€ et mêlant à leurs insultes antisémites des injures sexistes, homophobes et un slogan pro-palestinien.

Evidemment, la confusion recherchée par l'amalgame entre l’idéologie nazie et la défense usurpée des droits des Palestiniens ne sert ni les droits de ceux-ci, ni la lutte des Juifs qui agissent  pour une paix juste et respectueuse.

L'orthographe irréprochable comme la précision des symboles utilisés marquent assez le caractère délibéré de l'agression, derrière la violence provocatrice, insultante, ignoble et crapuleuse.

L’AFMA se joint aux associations et personnalités qui demandent qu’une enquête rigoureuse permette l’identification rapide et la condamnation judiciaire la plus sévère des coupables de cet acte antisémite et de vandalisme.

EXPOSITION: la fin du système concentrationnaire

Du 14 au 25 septembre 2020

au Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE, palais d'iéna)

A l’occasion du 75ème anniversaire de la libération des camps, le CESE expose depuis début septembre sur ses grilles (avenue Albert-de-Mun) plusieurs images consacrées au retour à la liberté des déportées et déportés. L'exposition, réalisée par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et l’Association des Amis de la Fondation, avec le concours de l'AFMA, sera à découvrir en intégralité du 14 au 25 septembre à l'intérieur du Conseil (Entrée libre et gratuite de 11h à 17h30, dernière entrée à 17h).

Descriptif: https://www.lecese.fr/fondation-memoire-deportation-exposition-retour-deportes

Enfants déportés photographiés par un soldat soviétique à Auschwitz. © Musée-Mémorial d’Auschwitz-Birkenau/CDJC

Profanation du Centre de la Mémoire à Oradour sur Glane

Dans le village martyr d'Oradour sur Glane où 642 personnes avaient été exécutés, les hommes fusillés dans les granges, les femmes et enfants regroupés dans l’église incendiée par les soudards de la division SS Das Reich, ce vendredi 21 Août 2020, d'insultantes inscriptions révisionnistes ont été portées sous forme de graffiti à l'entrée du Centre de la Mémoire: le terme «martyr» a été rayé et remplacé par celui de «menteur», le nom d'un révisionniste et antisémite notoire invoqué.

Hélas, il se trouve encore quelque(s) ignoble(s) personnage(s) pour insulter de la sorte la mémoire des victimes de la barbarie nazie et mépriser la douleur des familles.

Cette offense doit être poursuivie avec la plus grande rigueur et le travail de mémoire poursuivi sans relâche et avec d’autant plus d’ardeur; elle a suscité une très large réprobation républicaine.

Nous aurons l'occasion de revenir dans notre Lettre de l'AFMA sur l'histoire du village martyr d'Oradour sur Glane, devenu en France un symbole de la barbarie nazie, comme sur le sillage de terreur laissé par la division SS Das Reich depuis les crimes de guerre perpétrés dans les Balkans, puis en Pologne, Biélorussie, Ukraine, Russie et finalement en France.

https://www.humanite.fr/antisemitisme-ladn-des-negationnistes-est-dextreme-droite-692745

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/inscriptions-negationnistes-a-oradour-sur-glane-le-dernier-rescape-sous-le-choc-20200823

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/08/22/des-tags-sur-le-centre-de-la-memoire-du-village-martyr-d-oradour-sur-glane_6049613_3224.html

https://www.leparisien.fr/societe/oradour-sur-glane-des-tags-inscrits-sur-le-centre-de-la-memoire-du-village-martyr-21-08-2020-8371416.php

https://www.liberation.fr/france/2020/08/23/francois-hollande-a-oradour-sur-glane-on-a-affaire-a-un-acte-ideologique_1797516

https://www.ouest-france.fr/nouvelle-aquitaine/oradour-sur-glane-87520/des-tags-sur-le-centre-de-la-memoire-du-village-martyr-d-oradour-sur-glane-6944687

https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-lhistoire/apres-les-inscriptions-negationnistes-a-oradour-sur-glane

AFMA : Assemblée Générale 2020

Dimanche 13 septembre 2020

Dans les conditions exceptionnelles de cette année de pandémie Covid-19, nous avons dû reporter la date de notre Assemblée Générale du printemps à l'automne.

Aussi, l'Assemblée Générale, est convoqué pour le Dimanche 13 Septembre prochain, à 10h00 dans la salle du Mémorial de la Shoah, 17 rue Geoffroy l’Asnier, 75004 PARIS

Ordre du jour :

  • 1 – Ouverture de la réunion
  • 2 – Rapport d’activité
  • 3 - Rapport financier
  • 4 – Questions diverses
  • 5 – Élection du Conseil d’Administration

Cette Assemblée Générale peut être l'occasion de rejoindre notre association. Pour participer aux votes de l’Assemblée générale, vous devez être à jour de vos cotisations 2019/2020. Si vous ne pouvez pas participer à l’AG, vous pouvez confier un pouvoir sur papier libre à un autre membre présent.

L'Assemblée Générale sera suivie d'un repas fraternel.

Merci de retourner le formulaire ci-joint : Convocation AG 2020



 

 

Une plaque à la mémoire des enfants juifs déportés de la ville de Joinville-le-Pont dans le Val-de-Marne a été vandalisée. La stèle, inaugurée l'année dernière, rend hommage aux sept enfants de la ville déportés avec leurs familles entre 1942 et 1944, "parce que nés juifs".

Cette ignoble profanation a été effectuée dans la période où se tiennent les cérémonies de commémoration de la rafle du Vel d'Hiv' survenue les 16 et 17 juillet 1942.

Nous espérons que le ou les auteurs de cette inadmissible provocation seront promptement identifiés et poursuivis.

Devant le monument et les porte-drapeaux, MM. Leniger et Chemouni, de l'AFMA

Saluant les porte-drapeaux, les autorités et, parmi les élus, MM. Stéphane Trousseau et Abdel Sadi

Dans le cadre de "Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France", c'est encore dans les conditions sanitaires exceptionnelles liées à la prévention de la pandémie Covid-19, que la commémoration de la rafle Vel d'Hiv, s'est tenue, ce Dimanche 19 Juillet 2020, face au monument et au wagon devant la cité de la Muette de Drancy, ancien camp d'internement.

Devant les porte drapeaux, un peloton d'honneur de la gendarmerie, en présence du Préfet de Seine Saint-Denis, des généraux de la place et des élus, dont le président du Conseil Départemental, Stéphane Troussel, le maire de la ville voisine de Bobigny, Abdel Sadi, la maire de Drancy étant représentée par un adjoint, ont été lues les prières des aumôniers militaires des confessions protestante, musulmane, catholique et israëlite, puis le message de la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, Mme Geneviève Darrieussecq, lu par M. le Préfet.

 

 

Devant le monument de la Déportation, place du 23 janvier 1943 - Fortuné Sportiello, à Marseille (2ème),

commémoration de la rafle du Vel d'Hiv et de la déportation, avec Albert Barbouth, Caroline Pozmentier-Sportich et Elise Cohen.

Denise Trois Marter représentait l'AFMA à la commémoration du Camp des Milles

C’était un jeudi, le 16 juillet 1942. Une journée qui s’annonçait ensoleillée mais ce fut un jeudi noir pour tant de familles juives.

En moins de quarante-huit heures, de quatre heures du matin, le 16 juillet, jusqu'au lendemain, le 17 juillet à treize heures la police a arrêté 12 884 Juifs à Paris et en banlieue. Pendant cette rafle du Vél' d'Hiv, ont même été arrêtés des hommes de plus de 60 ans des malades, des femmes (5802) et des enfants de moins de 16 ans (4051 enfants)

Une opération d'une telle ampleur a été nécessairement longuement préparée. Il faut souligner à cet effet que 9 000 fonctionnaires français (parmi eux 4 000 policiers) ont été mobilisés pour cette rafle baptisée « opération vent printanier ». À cette occasion, on a retiré d’un fichier de la préfecture de police (le fichier « Tulard » 27 000 fiches de juifs, de manière à pouvoir distribuer ces fiches aux équipes policières chargées des arrestations. L'opération, sans précédent dans les annales policières françaises, a été conçue à l'initiative des occupants. Elle a été menée toutefois, de bout en bout, sous les ordres de Pétain, Laval, Bousquet et de la hiérarchie administrative et policière de l'État français.

Je voudrais replacer la tragédie de ma famille dans le contexte de cette période.

Le 21 juin 1941 un décret signé par Pétain, enleva la nationalité française de mon grand-père qui redevint Polonais. Ma grand-mère, mon père et son frère tous trois nés en France, devinrent apatrides et futures victimes de la rafle du 16 juillet 1942.

Dès l’aube, au domicile de mes grands-parents, près de la Bastille, deux policiers français, un inspecteur et l’autre en uniforme cognèrent à la porte vers 5 heures du matin avec pour ordre de les arrêter ainsi que mon père et son frère Maurice.

Tandis que le policier en uniforme montait arrêter une autre famille, l’inspecteur finit par céder aux supplications de ma grand-mère et laissa mon père s’échapper. Pour son frère âgé de plus de 16 ans, il refusa craignant les réactions de son collègue qu’il ne connaissait pas.

Mes grands-parents et Maurice furent conduits dans une école et avec d’autres, embarqués dans des autobus pour le camp de Drancy. Les familles dont les enfants avaient moins de 16 ans furent conduites au Vel d’Hiv, avant d’être transférées dans les camps du Loiret, Pithiviers et Beaune-la-Rolande.

Trois jours plus tard, le 19 juillet 1942, Maurice fit partie du convoi n°7 de 999 personnes. A son arrivée à Auschwitz, après sélection, 375 seront gazés, 504 hommes et 121 femmes seront immatriculés. En 1945 il y aura 17 survivants.

Au début, les nazis comptabilisaient les décès de ceux qui avaient été immatriculés. Ensuite, ils cessèrent pour ne pas laisser des traces de leurs crimes tout en sachant que ceux qui étaient victimes de la sélection à l’arrivée des convois n’étaient pas non plus comptabilisés.

Du train qui l’emmenait par cette voie ferrée vers l’Est, destination inconnue, Maurice écrit sur une petite feuille de papier, une lettre qui était destinée à mon père, en fait griffonnée au verso d’une punition scolaire sur un papier d’écolier.

Que disait Maurice dans ce court message ? Maurice donnait des nouvelles de ses parents encore à Drancy et terminait ainsi : « j’espère que nous nous reverrons un jour, ton frère qui ne t’oublie pas ».

Alors que le convoi passe à hauteur de Fossoy, Maurice glisse la lettre par un interstice, notant : Je remercie mille fois la personne qui pourra faire parvenir ce mot à l’adresse suivante, il signait un jeune de 16 ans qui écrit à son frère de 11 ans ».

Ce même jour, les époux Carron qui se trouvaient à proximité de la voie ferrée, écrivirent à mon père « C’est par hasard que nous nous trouvions dans un champ au moment où passait un train, des jeunes nous ont fait signe …l’un d’eux a lancé cette lettre que nous nous empressons de renvoyer…pour nous rassurer soyez aimable de nous prévenir au reçu de la lettre…

Pauline Carron, prend un grand risque en renvoyant la lettre et en indiquant au dos sa propre adresse.

Les époux Carron avaient saisi toute l’importance des messages et par leur geste exprimaient leur sympathie agissante face au drame cruel qui frappait les familles juives.

Maurice ignorait le sort qui l’attendait. Il fut porté décédé selon les bourreaux nazis le 28 septembre 1942 soit 10 semaines après son message. Un sort identique attendait mes grands-parents déportés par le convoi n°9 du 22 juillet, ma grand-mère décédée le 8 août 1942 soit deux semaines après son arrivée à Auschwitz, elle avait 51 ans, mon grand- père décédé le 3 septembre soit 6 semaines après, il avait 49 ans.

Mon père avait presque 12 ans. Jusqu’à la Libération il lui fallut échapper aux rafles toujours menaçantes. Le port de l’étoile jaune vous désignait comme une proie pour la police. En 1945, mon père dut se rendre à l’évidence, aucun des siens ne reviendrait.

En 1990, de retour d’un pèlerinage à Auschwitz c’est parmi la foule de 200 000 participants lors de la manifestation parisienne contre la profanation du cimetière de Carpentras, que mon père va croiser un ancien déporté François Xavier Estruch qui habite Château Thierry. C’est lui l’homme providentiel qui va retrouver les époux Carron qui envoyèrent à mon père la lettre de son frère.

C’est grâce à François Estruch et à Marcel Mercier ancien maire de Fossoy qu’auront lieu ce qu’on a appelé »les retrouvailles de l’histoire » entre Pauline Carron et mon père.

Ces deux hommes d’exception trop tôt disparus, Marcel Mercier en 1998, François Estruch en 2000, aidés par Dominique Jourdain maire de Château Thierry décidèrent d’ériger en 1990 cette stèle de mémoire inaugurée le 19 juillet 1990, afin d’unir dans l’hommage le sort de Maurice jeune adolescent de 16 ans mort en déportation parce que né juif et le geste courageux et de solidarité des époux Carron dans la nuit noire de l’occupation que traversait notre pays envahi par les Allemands.

Entre le 1er convoi du 27 mars 1942 et la fin 1942, plus de 42 000 Juifs vivant en France ont été déportés par 42 convois à destination d’Auschwitz pour y être assassinés dans les chambres à gaz et les fours crématoires. 811 reviendront des camps de la mort en 1945.

Le dernier convoi, celui du 31 juillet 1944, 19 jours avant l’arrivée de la division Leclerc qui allait libérer Paris, comprenait 1300 personnes dont 200 enfants, la plupart arrêtés entre le 21 et le 25 juillet dans les maisons d’enfants de la région parisienne par Alois Brunner le sinistre commandant du camp de Drancy. Le plus jeune enfant, Alain Blumberg né le 17 juillet à Drancy, un bébé âgé de 14 jours, fut déporté par ce convoi.

Victimes également de la répression des occupants nazis et de la politique de collaboration du Gouvernement de Vichy, 86.000 hommes et femmes : résistants, opposants politiques, otages, droits communs ont été déportés vers les camps de concentration à partir de Compiègne et de Romainville. Environ 35 000 sont morts dans les camps dont 1 500 en chambre à gaz.

Cette page ténébreuse de l’histoire de France est une tache indélébile. Ne l’oublions jamais!

En France, plus de 4 000 Justes ont été reconnus, honorés à ce jour, pour avoir au péril de leur vie, aidé des familles juives persécutées par l’occupant nazi.

Mais ils sont des milliers, inconnus comme les époux Carron, à avoir eu à un moment donné le geste de solidarité qui permet de ne pas douter de l’être humain. Et c’est l’honneur de Fossoy d’avoir voulu rendre cet hommage dès 1990.

Chers amis, je ne veux pas conclure sans vous confier l’émotion qui étreignait mon père à chaque fois et sa fierté de se retrouver parmi vous au cœur de ce petit village de France pour rendre hommage à son frère innocent dont le destin fut interrompu brutalement à l’aube de ses 17 ans. C’est l’honneur de Fossoy, votre village, d’avoir voulu rendre cet hommage en érigeant cette stèle du souvenir dès 1990. D’ailleurs mon père faisait en quelque sorte partie de Fossoy, ayant reçu le diplôme de citoyen d’honneur.

Au-delà du souvenir transcrit sur la plaque apposée sur cette stèle, pour rappeler comme l’a dit Primo Levi ‘’ C'est arrivé et tout cela peut arriver de nouveau ’’, cette inscription est un message de vigilance. Oui, nous devons nous souvenir par devoir de mémoire mais aussi pour combattre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie.

Chers amis, depuis 31 ans, nous nous retrouvons au pied de cette stèle. Votre présence toujours aussi fidèle doit être interprétée comme un hommage à tous les déportés juifs de France, à tous les déportés par mesure de répression et autres victimes de la politique collaboratrice de l’Etat français avec l’occupant nazi.

Votre présence, cette permanence du souvenir, est aussi l’expression de votre foi en des valeurs qui permettent d’espérer de l’homme et de la validité du serment des déportés ‘’plus jamais ça!’’. De ce rendez-vous de la mémoire, nous y puiserons des certitudes et des forces pour transmettre le symbole que constitue le message gravé sur cette stèle. Merci à tous d’être venus toujours aussi nombreux.

Didier Celiset, à Fossoy, le 16 Juillet 2020

Fossoy (Aisne) : devant la stelle au jeune Maurice Zelis et aux époux Carron

Stelle à la mémoire de Maurice Zélis, jeune déporté juif de 16 ans, arrêté par la police française lors de la "rafle du Vel d'hiv", les 16-17 Juillet 1942 qui laissa tomber par un interstice du wagon qui le menait à Auschwitz, un message destiné à son frère, que les époux Carron purent faire parvenir au petit frère, Jacques Celiset.

Cela a été décrit par Didier Celiset.

Fossoy (Aisne) : commémoration 2020

La commémoration, respectant les dispositions sanitaires particulières en période de pandémie Covid-19 a commencé devant la stelle dressée en 1990, puis les allocutions des maires de Fossoy et de Château-Thierry, des représentants de la FNDIRP et de l'AFMA, puis de Didier Celiset, ont eu lieu dans la salle municipale.

Lettre de l'AFMA - 104 Juin 2020
Lettre de l'AFMA - N°104 Juin 2020
SOMMAIRE
3 Mot de la Présidente
4-5 Les “Mavericks”
6-7 Entretien avec Rosette Grynberg
8 Nous sommes tous des Juifs allemands
9 Des médecins dans la Résistance
10-11 Commémorations en temps d’état d’urgence sanitaire
12-13 Quelques notes sur le ghetto de Lodz
14 Maurice Rajsfus
Voyage du souvenir et de la mémoire
15 Assemblée Générale de l’AFMA
Appel à candidature au Conseil d’Administration
Cotisation 2020