L'éditeur de comics (BD américaines) Marvel a eu récemment la bonne idée de sortir une mini-série en 5 parties intitulée MAGNETO: TESTAMENT.
 
Pour les néophytes il faut rappeler qu'au début des années 60, en pleine Guerre Froide, l'éditeur américain Marvel Comics et son créateur Stan Lee (de son vrai nom Lieber) créent les "X-Men", de jeunes adolescents "mutants" mettant leurs super-pouvoirs acquis à la puberté au service du Bien.
 
Les "mutants" sont des êtres ayant acquis au cours de leur adolescence des pouvoirs surhumains (conséquence probable d'Hiroshima et de Nagasaki) : par exemple, tandis que Marvel Girl lit dans les esprits, Iceman contrôle la glace. Leur mentor, le Professeur Xavier - sorte de métaphore de Martin Luther King - désire que les mutants vivent en harmonie - et sans violence - avec les êtres humains dits "normaux" alors qu'ils sont mis au ban de la société car "différents".
 
L'ami de Charles Xavier, Maximilian Eisenhardt, a non seulement subi la Shoah mais devenant lui même un mutant contrôlant le magnétisme, il est  lui aussi discriminé à l'âge adulte car jalousé par l'homo sapiens de base. Max, qui deviendra par la suite Magneto, estime que les mutants ou "homo superior" doivent s'imposer dans la société, même par la violence. Il est un peu le Malcolm X des comics.

 

Magneto vu par Jim Lee (X-Men # 1, 1991)
 
Vous l'aurez compris, le combat de Xavier et Magneto sont des parallèles évidents avec l'Antisémitisme des années 30-40 et le grand Mouvement américain des Droits Civiques des Noirs des années 60.
 
De plus, à l'aube des années 2000, soit peu de temps après la reprise des hostilités au Moyen-Orient, les scénaristes de Marvel imaginent Magneto exigeant des Nations-Unies l'acquisition manu militari de "Genosha", île fictive près de Madagascar. Magneto en fait un pays pour ses confrères homo superior. Un parallèle très clair avec l'histoire d'Israël...
 
45 ans après la création de Magneto, l'auteur Greg Pak contacte Mark Weitzman du célèbre Centre Simon Wiesenthal afin de donner une origine définitive et fidèlement historique au jeune Max durant les noires années de l'Allemagne Nazie.
Vous trouverez ci-dessous les couvertures américaines de cette mini-série.
 
Nous avons contacté Panini Comics France afin que cette série voie le jour en français en 2009. Elle s'adresse à tous les enseignants et scolaires désireux d'en savoir plus sur l'Holocauste en bandes dessinées.
 
 
Dans ce 1er numéro nous faisons connaissance avec le jeune Max Eisenhardt, Juif Allemand, et de sa famille. Max est secrètement amoureux de Magda, la jeune Tzigane, employée de ménage dans son école. Le papa de Max, bijoutier, subit les 1ères lois de Nuremberg de 1935 et Max, doué en sport à l'école et haï par son principal est expulsé de son établissement scolaire...

Scénario: Greg Pak

Artistes: Di Giandomenico / Hollingsworth

Couverture: Marko Djurdjevic

Sortie USA: septembre 2008


Dans ce 2ème numéro Max et son père se rendent à Berlin pour demander à un ami militaire une faveur: retrouver le droit de travailler. Nous sommes en 1936 en plein Jeux Olympiques. C'est peine perdue. Deux ans plus tard, en pleine Nuit de Crystal, les Eisenhardt doivent quitter l'Allemagne et se réfugient en Pologne. Mais les chars allemands ne sont pas loin...

Scénario: Greg Pak

Artistes: Di Giandomenico / Hollingsworth

Couverture: Marko Djurdjevic

Sortie USA: octobre 2008
3ème partie:

La famille de Max se retrouve en Pologne alors que l'Allemagne est entrée dans Varsovie. Les Einsatzgruppen (forces opérationnelles nazies anti-juifs et anti-intellectuels) sont à leurs trousses. De 40 à 42 les Einsenhardt subissent le calvaire du ghetto de Varsovie. Alors qu'ils s'en échappent miraculeusement, un passeur leur propose de franchir la Vistule. Hélas le passeur a vendu son âme à l'ennemi. Toute la famille de Max est alors, sous ses yeux, sommairement exécutée. Les pouvoirs magnétiques latents du jeune Max lui permettent de survivre au massacre mais il est vite alpagué et mis dans un train... pour Auschwitz...

Scénario: Greg Pak

Artistes: Di Giandomenico / Hollingsworth

Couverture: Marko Djurdjevic

Sortie USA: novembre 2008


4ème partie:

Septembre 42. Le convoi transportant Max arrive à Oswiecim rebaptisée Auschwitz I par les Nazis. Il y retrouve un de ses enseignants; Kalb, vu dans le 1er épisode et qui avait commis l'erreur de défendre les prouesses sportives de Max. Kalb lui conseille vivement de dire qu'il a 18 ans afin d'échapper à la "sélection".
En quelques minutes Max est rasé, douché à l'eau glaciale et devenu un matricule. Kalb lui obtient une place "privilégiée" de Sonderkommando au kanada: lieu de tri des biens des déportés. Max récupère les vêtements de ces hommes, femmes et enfants envoyés à la chambre à gaz (la double page arborant les milliers de lunettes est terrifiante).
Deux ans plus tard, et ce à l'instar du livre "Des Voix sous la Cendre" (recueil édité chez Calmann-Lévy) Max fait passer secrètement pour la postérité le message "plus jamais ça".
Alors qu'il est désespéré, lessivé, traumatisé, Max voit derrière des barbelés un visage familier, celui de Magda, son amour secret...


Scénario: Greg Pak

Artistes: Di Giandomenico / Hollingsworth

Couverture: Marko Djurdjevic

Sortie USA: décembre 2008

Note: Nous vous recommandons également, à vous internautes qui nous lisez, et plus particulièrement à vos enfants ou petits-enfants, le film X-Men (réalisé par Bryan Singer en 2000) dont la scène d'ouverture met en scène le jeune Max aux portes d'Auschwitz, alors qu'il est séparé de ses parents par les SS.


Dans cet ultime numéro Max et ses comparses Sonderkommando espèrent un bombardement Allié des Camps. En vain. Nous sommes le 31 mai 1944. Grâce à ses relations et à quelques actes de corruption Max fait passer à Magda, la jeune Tzigane, des médicaments et de la nourriture. Alors que le massacre des Juifs Bulgares bat son plein à Birkenau Max aide Magda à échapper à la Zigeunernacht (la nuit du 2 août 44 où le camp Tzigane fut liquidé). En octobre 44 il participe à la révolte des Sonderkommando et au dynamitage du Crématorium IV. Deux SS meurent pour 200 Juifs en représailles.
Septembre 48: Max retrouve le mot dans les ruines du camp qu'il avait laissé à la postérité: "Plus jamais ça".

Scénario: Greg Pak

Artistes: Di Giandomenico / Hollingsworth

Couverture: Marko Djurdjevic

Sortie USA: janvier 2009